Ma vie de slasheuse

dans la presse / le 2 September 2016

Ancienne directrice de publicité dans les médias, Hélène Picot est coach en reconversion depuis cinq ans. Elle est aussi auteure, secrétaire générale de la SAUGE (Société d’Agriculture Urbaine Généreuse et Engagée) et bénévole pour Citybzz, un apiculteur qui installe des ruches sur le toit des entreprises et vient d’être élu meilleur miel du Grand Paris. On oubliait, elle démarre également une activité de création de meubles en palettes avec une amie. Elle nous raconte sa vie de slasheuse épanouie.

« Après des études de commerce et de communication, j’ai commencé ma carrière professionnelle chez Publicis. Je me lançais ainsi dans un parcours « classique » et répondais inconsciemment au besoin d’étiquette sociale. Moi qui étais une grande intuitive depuis ma plus tendre enfance, j’écoutais de moins en moins ma petite voix intérieure. J’ai donc travaillé chez M6, Publicis puis j’ai managé des équipes et suis devenue directrice de publicité au sein des journaux Métro et La Tribune.

Je m’étais transformée en parfait robot, grande professionnelle du dépassement d’objectifs mais je me suis totalement oubliée. Je ne me sentais pas alignée, mais j’avais un bon poste et un bon salaire, alors de quoi je me plaignais ? Jusqu’au jour où ce ne fut plus possible. J’ai alors décidé de tout stopper et de créer la vie dans laquelle j’allais m’épanouir en étant à 100%  en accord avec mon ETRE.

 

Des activités qui se nourrissent mutuellement

C’est ainsi que je me suis reconvertie pour aider ceux qui le souhaitent à bifurquer vers une vie pleine de sens. J’ai repris des formations, lancé mon entreprise, créé la méthode « Rêvez, Osez, Foncez : 3 mois pour trouver sa voie ! » et écrit un premier livre « Sans emploi ? Trouvez votre voie et rebondissez ! » (1) pour que chacun puisse faire du chômage un tournant positif. J’ai ensuite écrit un autre livre, plus léger : « J’me trouve un mec, le bon ! » sous le pseudo Lady Montmartre (2). Ce fut un premier pas vers le slashing. Je pense qu’il est vraiment préférable d’asseoir une première activité avant de se lancer dans une deuxième. C’est plus facilement gérable. Au fur et à mesure des années, j’ai ainsi intégré d’autres activités à mon quotidien. Chacune de mes occupations nourrit les autres. J’adore avoir les mains dans la terre, faire des travaux manuels. Cela me permet de lâcher prise, de retrouver l’inspiration et de l’énergie. J’ai ainsi intégré plusieurs associations. Je suis aujourd’hui secrétaire générale de la SAUGE (3), bénévole pour Citybzz et Le Paysan Urbain. Lors d’un chantier participatif, j’ai eu un coup de coeur amical avec une autre bénévole, Sylvaine Lefort. Nous travaillons depuis ensemble à la création d’une marque de meubles en palettes qui s’appellera Baramine.

Utiliser tous ses potentiels et casser les codes

N’allez pas croire que je ne m’arrête jamais ! J’ai de grands moments de pause, des temps où je ne travaille pas. Il m’arrive de commencer à 11h le matin, ou à l’inverse de bosser tard le soir. Je peux avoir une journée très chargée, puis être totalement off le lendemain. Je fonctionne (encore !) avec un agenda papier, du coup je mets de grosses croix rouges pour mes footings et pour mes activités personnelles afin de ne surtout pas prendre de rendez-vous professionnels à ce moment-là. Je me suis vraiment réappropriée mon temps. Je me sens libre tout simplement, et je n’ai pas l’impression de travailler ! J’habite (et donc je travaille) entre Paris et Biarritz, où je suis surtout entre avril et septembre. Passer du temps au Pays Basque me permet de me reconnecter, j’ai besoin de voir du vert, de marcher dans la nature, d’apercevoir l’horizon… J’y médite beaucoup.

Etre slasheur, ce n’est pas multiplier les métiers pour des raisons économiques comme beaucoup le pensent. C’est surtout utiliser pleinement tous ses potentiels et casser les codes. Nul besoin d’être surdoué, nous avons tous plusieurs talents, j’en suis convaincue. Il faut juste s’autoriser à faire ce qui nous épanouit le plus, lever les freins et ne plus se brider. Le seul échec, c’est celui de ne pas agir et de ne rien tenter ! »

(1) Quintessence. (2) Eyrolles. Deuxième livre à venir début mars : « Je suis une nana extraordinaire… et j’assume ! ». (3) La SAUGE organise les 48h de l’agriculture urbaine les 18 et 19 mars à Paris, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Marseille, Lyon, Bruxelles, Genève…

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